L’Harmonie

1865-1890 : Le bonheur était dans les vignes

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Vers 1865, l’Abbé Moreau donne les premiers cours de solfège à ses paroissiens de Genillé. Philanthrope, sa mission est double : éveiller la population paysanne au beau et éloigner une population exclusivement masculine des cabarets et des bistrots. Le 16 septembre 1877, le Président de la République et Maréchal de France Mac Mahon vient inaugurer à Genillé la ferme de Marolles, chef-d’œuvre du progrès agricole. A cette occasion, la Fanfare de Genillé accueille le Chef de l’Etat avec trompettes et tambours. C’est la première manifestation officielle de cette formation musicale.

 

 

1890-1920 : Et la musique créa l’homme nouveau

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C’est le 1er mai 1890, sous la présidence de Maurice Raoul-Duval, propriétaire du domaine de Marolles à Genillé, qu’est officiellement créée et déclarée à la Préfecture de Tours la Fanfare de Genillé. Son chef est toujours Adelin Chardon. Les 39 articles qui composent le règlement intérieur de la Fanfare de Genillé sont saisissants par leur volonté de construire un citoyen-musicien exemplaire. Une micro-société démocratique, respectueuse de la hiérarchie, de l’ordre, de l’unité et de la fraternité. Conforme en cela aux recommandations de la loi de 1834, la société se veut apolitique.

1920-1940 : Le rendez-vous des sociétaires

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Après la Grande Guerre, la Fanfare fait état d’environ 30% de pertes parmi ses effectifs. Il s’agit donc de reconstruire une société. Entre 1919 et 1925, cette dernière compte en moyenne 5 à 7 recrues nouvelles par an, ce qui est un record pour la société. Le 21 janvier 1935, sous la présidence d’Octave-Auguste Pinard-Dumas, la Fanfare devient une association à but non-lucratif [Loi du 1er juillet 1901]. Elle s’inscrit alors dans un vaste mouvement d’Education populaire gratuit et laïc.

 

1940-1950 : Contre vents et marées

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En zone libre, de 1941 à 1943, la Fanfare va continuer à vivre, au rythme du nouveau régime de Vichy, baptisé Révolution Nationale. A partir de 1940, un petit groupe de musiciens entreprend de reprendre le chemin de la salle de répétition et de rejouer aux bénéfices de 9 musiciens de la Fanfare faits prisonniers. Ils se font appeler les « Canards déchaînés » et adoptent une petite broche jaune en bois qu’ils portent à la boutonnière.

 

1950-1980 : Des lendemains qui chantent moins

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Après la guerre, la Fanfare a repris du service et continué à œuvrer comme elle l’avait toujours fait. De nombreux exécutants, éloignés des pupitres pendant la guerre pour avoir pris le maquis, se sont retrouvés. Les concours ont vite repris leurs droits, permettant de voyager et de se rassembler. Le souci qui n’a pas tardé à se faire jour fut celui du renouvellement des effectifs. Les missions de la fanfare d’hier n’étaient plus celles du jour. La télévision, la radio étaient entrées dans les foyers et les enfants pouvaient écouter de la musique comme bon leur semblait.

En 1979, le président Didier Pinard, eut l’idée avec quelques anciens musiciens de créer une école de musique qui recruterait sur tout le bassin de l’Indrois. Cette association qui offrait pour un prix modique un enseignement de solfège et de pratique instrumentale prit le nom d’E.M.V.I.E.

De nos jours : le Renouveau

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Dans le début des années 80, l’E.M.V.I.E., école de musique de Genillé, dont le directeur était également celui de la Fanfare, permit un renouvellement des instrumentistes et la Fanfare prit un coup de jeune. L’introduction de nouveaux instruments (timbales, hautbois, basson) imposa un changement de nom de la Fanfare qui, sous la présidence de Bernard Gliksohn, prit le nom d’Harmonie de Genillé. Les tenues, la bannière furent remises au goût du jour. Cependant, depuis quelques années, l’Harmonie, comme bon nombre de sociétés musicales en milieu rural, a commencé à souffrir de l’exode de ses plus jeunes exécutants.

Le banquet de Sainte-Cécile

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Sainte Cécile est la patronne des musiciens. Il s’agit d’une jeune fille de la noblesse romaine qui vécut au IIe siècle. Le jour de ses noces, elle chantait s’adressant à Dieu pour qu’il lui conserve sa virginité. Elle réussit à convertir son mari, son beau-frère et bien d’autres personnes qui l’approchaient. Cécile comparut devant le préfet de Rome. Elle fut d’abord plongée dans un bain d’eau bouillante mais il y resta comme dans un lieu frais. Elle eut la tête tranchée dans son bain. Mais malgré les trois coups de hache, elle survécut encore trois jours. Sainte Cécile, vierge et martyre, est honorée le 22 novembre.

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A Genillé, la célébration de la Sainte-Cécile suit une tradition qui remonte aux origines de la création de la Fanfare. Le dimanche de Sainte-Cécile commence par une messe où les musiciens accompagnent l’office. Les morceaux interprétés à cette occasion appartiennent au répertoire religieux et liturgique.

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A la sortie de l’église, l’Harmonie interprète un morceau devant la mairie. Souvenir d’un temps de conciliation entre la République et l’Eglise ennemies. C’est ensuite au tour du maire d’accueillir les musiciens et de leur offrir un vin d’honneur. Il y a bien longtemps cet épisode se poursuivait par un passage du curé qui, ainsi, ne restait pas en reste !
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Un hommage est ensuite rendu aux musiciens par une visite au cimetière. C’est le moment pour les anciens d’évoquer le passé aux plus jeunes.

 

 

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Il est à peu près 13H30 lorsque s’ouvre le banquet de Sainte-Cécile. Jeunes et anciens se retrouvent autour d’une table. Ce moment de partage clôt une journée placée sous le signe du souvenir, de la cohésion, de la convivialité et de la musique.